Meguro (目黒)

Lundi 9 novembre

Avec ses quasi 250 000 habitants Meguro (目黒 "Les yeux noirs") est un des 23 arrondissements dit spéciaux de TōKyō.

 

D'après des fouilles archéologiques, Meguro aurait été habité depuis les anciennes périodes Jōmon, Yayoi et Kofun .

On y trouve 3 sanctuaires datant du IXe siècle.

 

Mais surtout, Meguro est connu pour sa rivière : la Meguro-Gawa bordée de cerisiers, la rivière aux sakura, qui fleurissent au printemps et que l'on vient admirer, surtout la nuit. Les branches de cerisiers retombent vers la rivière en un tunnel de pétales roses et les arbres sont illuminés pendant la floraison. 

Sakura - Meguro Gawa (credit photo Wikimedia -Commons 2008©François Rejeté
Sakura - Meguro Gawa (credit photo Wikimedia -Commons 2008©François Rejeté

Yamanote 山手et Eki-Melody

Depuis la station Ebisu, ma fille et moi avons repris le train vert de la Yamanote. L'arrêt suivant est Meguro. Le trajet ne dure que quelques minutes. J'aime beaucoup la Yamanote : on reconnaît aisément sa couleur vert pomme, flèches, nom des stations, train lui-même. Pas de confusion.

Les voitures sont claires et propres. Tout est dit et écrit en 2 langues, japonais et anglais, il y a un train toutes les deux minutes et toutes les 30 secondes dans les heures de pointe.

Et puis surtout, comme partout au Japon : on entre et sort sans se bousculer !

 

En outre, j'ai vite remarqué qu'à chaque station nous avions droit à une petite mélodie. Ma fille m'explique qu'en effet chaque gare a "sa signature sonore" jouée sur les quais à l'arrivée du train ! On les appelle des Eki-melody (ou Eki Melo ou encore Hassha Melody)

 

Et voici celle de Meguro !

Depuis que je suis revenue du Japon chaque fois que j'entends une de ces mélodies, mon esprit (et peut-être mon âme ?) retourne pour quelques minutes dans l'archipel nippon...

Arrivées à Meguro, ma fille m'indique la bonne sortie : la sortie West, afin qu'à l'avenir je puisse repérer facilement le trajet jusque vers son travail.

Nous avons un peu faim... Achat d'un petit "en cas" dans un combini ainsi que du thé au lait chaud dans un distributeur de boissons. 

On ne risque pas de mourir de soif au Japon  : on trouve des distributeurs de boissons, froides (ET chaudes dès les premiers jours d'automne), à peu près partout. Nous nous asseyons sur un banc, et, quoique manger "dans la rue" ne se fasse pas trop, nous prenons -en essayant de ne pas trop nous faire remarquer- notre 5 o' clock tea !

Distributeur de boissons  dès les premiers "froids" - Pastilles bleues : boisson froide, pastilles rouges : boissons chaudes
Distributeur de boissons dès les premiers "froids" - Pastilles bleues : boisson froide, pastilles rouges : boissons chaudes

Meguro Tavern

Puis, j'accompagne ma fille à son boulot : elle est serveuse dans un pub anglais, le ou la "Meguro Tavern". Ce pub se situe au 1er étage (en japonais les étages sont comptés à partir du Rez-de-chaussée : donc au 2 F (2nd Floor) du Sunwood Meguro Building.

A l'étage, donc, un couloir vitré nous emmène jusque devant la porte ancienne de bois, laiton et vitrail, de la Taverne sur laquelle veillent une curieuse armure médiévale et le Union Jack (of course !)

La porte et l'armure que je baptise aussitôt "The Knight of Ni" (the Quest of the Holy Grail - Monty Python)... du Meguro Tavern
La porte et l'armure que je baptise aussitôt "The Knight of Ni" (the Quest of the Holy Grail - Monty Python)... du Meguro Tavern

Après avoir repéré les lieux je n'ai plus qu'à aller tuer une paire d'heure dans le quartier, car le pub est encore fermé au public.

J'ai besoin d'un peu de calme et c'est donc vers la rivière, que je me dirige.

La nuit est tombée. 

 

Un kōban
Un kōban

Je repère, en passant devant, un kōban : ma fille m'a expliqué que ces petits postes de police sont bien utiles, surtout si l'on se perd... d'autant qu'ils sont ouverts 24/24 h.

 

On les repère (pas tous mais le plus souvent) grâce à une étoile et une lampe rouge allumée, et à leur architecture souvent étrange (mais là encore ce n'est pas toujours exact).

La plupart des kōban, ont aussi une petite pancarte avec un policier qui écoute un enfant sur un fond bleu.

Le policier de Meguro est devant la porte de son petit kōban, et il caresse un chat qui passe et repasse entre ses jambes...

 

Sous les lumières des buildings et du M. Hôtel et ses tourelles de château fort de cinéma, de petites gens se pressent pour rentrer chez eux, à pied ou à vélo. Les bords de la Meguro-Gawa sont très calmes. Obscurité et silence.

 

 

Cela fait du bien.

La Meguro-Gawa 2009

C'est enfin l'heure de l'ouverture, et je vais découvrir cette Taverne dont j'entends beaucoup parler, le propriétaire (Garth) et les collègues de travail (Edith, Kei le cuistot et Hisa le bar manager)... Et boire une bonne pinte de bière !

Garth est plutôt sympathique. Il passe à peu près tout son temps à discuter avec les clients (britanniques pour la plupart) et à boire des pintes !

Edith, une française, est hyper souriante et très sympa.

Hisa le bar-manager est aussi un chouette gars, souriant, discret et agréable, quant à Kei, plus exubérant, il est tout aussi ouvert et efficace. 

Tous m'accueillent très gentiment ! 

La clientèle est essentiellement britannique donc, mais l'établissement est également fréquenté par quelques "habitué(e)s" japonais en mal d'exotisme... J'ai bien aimé cet endroit et le staff qui le fait tourner.

Nous rentrerons tard, ensemble, ma fille et moi, à l'appartement !

 

La prochaine fois je vais devoir venir toute seule ! Et cela m'inquiète quelque peu...

Edith, comprenant mon appréhension, pour l'avoir elle-même vécue au tout début de son séjour, me prête son ancien téléphone portable, coréen, à clapet, où il reste quelques unités afin que je puisse téléphoner si jamais j’étais perdue ! Je la remercie de sa gentillesse et de sa sollicitude. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que, n'en ayant pas moi-même un, je ne sais pas me servir d'un téléphone portable... !

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