Okutama (奥多摩町)

Okutama Onsen (Moegi no Yu   もえぎの湯)

Depuis la gare de Sawai, nous reprenons le train, et cette fois, jusqu'au terminus : la gare de Okutama.

Nous embarquons, en cette fin d'après-midi,  avec notre pochon de yuzu dont nous avons fait emplette sur les berges de la Tamagawa, dans un train vide et rutilant de propreté !

Train depuis Sawai jusqu'à Okutama (sur la Ome Line) en fin d'après-midi de novembre
Train depuis Sawai jusqu'à Okutama (sur la Ome Line) en fin d'après-midi de novembre

Dès notre arrivée à la gare de Okutama, ma fille, qui a regardé la carte auparavant, à l'appartement, se dirige vers le onsen.

Celui-ci se trouve en dehors du village, à flanc de montagne et au-dessus de la rivière.

Dans les derniers mètres, deux dames japonaises qui papotent entre elles, nous rejoignent. Nous avançons entre les deux "cabanes" de l'entrée jusqu'au bâtiment du onsen à proprement parler.

Photo 2016 Google maps street View et Tokyo Grown

Devant l'entrée du Moegi no Yu
Devant l'entrée du Moegi no Yu

Attention la plupart des onsen n'acceptent pas les tatouages. Se renseigner auparavant....

 

En ce mois de novembre le onsen est pratiquement vide, et hormis les deux dames et une jeune femme étrangère nous serons les seules...

Un veux monsieur nous accueille au comptoir : nous déposons nos chaussures, payons notre modique quote-part (de mémoire 780¥ - 6,20 € environ), et récupérons respectivement notre clé de casier : le 102 et le 104.

Le monsieur nous dit qu'il y a une salle de restaurant à l'étage.

Nous hésitons, mais finalement, vu qu'il faudra retourner à Tōkyō, Araiyakushi-Mae pour être précise et que le trajet retour est long, nous renonçons.

Il nous propose ensuite des serviettes moyennant un petit supplément, mais comme nous avions prévu de nous rendre au onsen nous avions emporté, par précaution, les nôtres...

Sourires, courbettes, remerciements "arigatō gozaimasu"... Et nous nous dirigeons vers les bains.

Première une salle de "relaxation" toute embuée : fauteuils massants (¥200 les 10 minutes, soit moins de 1,50€) et distributeurs de boissons chaudes.

Et de part et d'autres, l'entrée pour les femmes (noren de toile couleur bordeaux) et l'entrée  pour les hommes (noren bleu foncé).

Et nous voici dans la salle où l'on se déshabille : le vestiaire.

Chacune prend son casier et y dépose sacs, vêtements et serviettes, car c'est entièrement nues, hormis la clé du casier accrochée au poignet et une petite serviette blanche avec lequel nous allons nous laver scrupuleusement dans la pièce suivante, où sont les douches, que l'on se baigne. Les Japonais n'ont pas de problème avec la nudité.

Et l'on se baigne propres !

L'étape suivante est donc la salle de douches.

 

A partir du vestiaire, les photos ne sont pas autorisées.

 

La salle de douche se compose toujours de douchettes et de tabourets : on se lave assis face au mur, au miroir et à la tablette où sont mis à disposition gel douche, shampoing et parfois après-shampoing, ainsi que des séchoirs à cheveux.

Les étiquettes sont en général en japonais.

Le gel douche : ボディソープ

Le shampoing : シャンプー

Le troisième flacon sera donc (sans doute) l'après shampoing.

 

On rince d'abord le tabouret puis on s'assied et on lave énergiquement cheveux et corps, puis on se rince abondamment à l'eau chaude avec les baquets mis à disposition, en commençant par les extrémités (mains et pieds, jambes et bras, corps puis la tête) pour habituer le corps à l'eau chaude !

C'est là que l'on attache ses cheveux, s'ils sont longs car ils ne devront pas tremper dans le bain !

Il est recommandé de se laver au moins deux fois, afin d'être sûr de n'avoir rien oublié... Mais c'est tellement agréable qu'on a envie de recommencer deux ou trois fois rien que pour le plaisir...

 

On n'oublie pas de rincer de nouveau son tabouret et l'on remet le baquet cul par-dessus tête sur ce dernier.

 

L'eau de la douche nous fait un bien immense, car le soir et l'humidité avaient commencé à nous faire frissonner... Derrière nous, les deux dames qui nous ont précédées barbotent et papotent dans le rectangle d'un premier bain intérieur, où nous allons à notre tour faire trempette.

On s'immerge en plusieurs temps. Il ne s'agit pas de s'ébouillanter ! Ni de tremper la tête (et les cheveux !)

 

Puis nous déménageons vers un deuxième bain, avant de nous diriger vers le troisième bassin, le "rotenburo" (bain extérieur)

Il faut "gambader" en tenue d'Eve dans la fraîcheur du soir... ! Brrrr !

Aussi c'est avec délice que nous nous glissons en douceur dans les eaux très chaudes et alcalines (parfaites pour la peau) de ce bain de sources naturelles qui jaillit des strates les plus profondes de la montagne !

Nous en sortirons plusieurs fois pour nous arroser avec les baquets posés sur les bords, afin de nous rafraîchir, mais nous y reviendrons chaque fois... Etre allongées, dans ces eaux chaudes, sur nos corps sans barrière, en admirant la nuit qui tombe sur la forêt, bruit de l'eau qui coule librement du gros bambou.

 

Sans doute un des meilleurs moments de ce voyage !...

 

Mais il est temps de repartir.

On ne se rince pas... On s'essuie rapidement avec la petite serviette, on sèche nos cheveux, avant de regagner le vestiaire, totalement délassées et réchauffées, les joues rouges...

Le bonheur !

En remontant vers la gare de Okutama, nous faisons emplettes à la "superette" (super Ogawa) d'une sorte de gros gâteau, un peu spongieux qui ressemble à une brioche que nous mangerons plus tard, à la gare de Ōme où nous devrons attendre notre correspondance vers Shinjuku...

La nuit est tombée depuis longtemps...

Okutama station
Okutama station

La petite gare de Ōme   (青梅駅)

Nous avions un peu de temps devant nous à cause du changement de train s'effectuant à la gare de Ōme.

Nous avons donc acheté, sur le quai, des boissons chaudes au distributeur de boissons (à la prune pour ma fille et thé au lait pour moi) et nous nous sommes installées afin de déguster tranquillement notre gros gâteau acheté à la "superette" de Okutama.

 

Les quais étaient déserts. Atmosphère étrange, sentiment d'avoir fait un bond dans le passé.

Petit "goûter" sur les quais de Ōme en attendant notre correspondance
Petit "goûter" sur les quais de Ōme en attendant notre correspondance

 

 Au milieu du quai, une sorte de vieille cabane en bois cubique a attiré notre attention.

 

Un coup d’œil à l'intérieur : rétro et d'origine, peinture écaillée, un peu "tristounet" mais intrigant... 

Mais ce fut surtout l'extérieur qui nous a interpellées : des reproductions d'anciens posters (en excellent état) aux dessins colorés, ressemblant aux peintures de propagande de la Chine de Mao Tse Tung, représentant des personnes mais aussi de vieilles locomotives à vapeur !

 

Il y a hélas à parier que depuis, cette petite salle d'attente ait perdu de son charme et de sa désuétude pourtant si touchante.

 

La salle d'attente toute en bois de la gare de Ōme (photo du milieu 2012-Godai (Bye & thanks Panoramio!)  / photo de droite "The Flying Starfish")

Reproductions d'anciennes affiches de films sur la salle d'attente en bois de la gare de Ōme (photo du centre The Flying Starfish)

 Nous apprendrons plus tard que Ōme, "La Prune Bleue", fut un ancien paradis des cinéphiles. La ville a continué à faire revivre ce passé au travers de reproductions d'affiches "vintage" (dessinées pour la plupart par l'artiste Bankan Kubo) placardées sur ses murs, et pas seulement à la gare !

 

"Au lendemain de la 2e guerre mondiale, elle comptait trois cinémas spécialisés dans la projection de films du monde entier. 

Dans les années 1970, la fréquentation a décliné, et les trois cinémas ont fini par fermer leurs portes, laissant comme seuls témoins de cette cinéphilie des centaines d’affiches de films. Dans les années 1990, la municipalité a décidé de faire revivre ce passé en placardant dans les rues ces reproductions peintes pour certaines par un artiste local, Bankan Kubo."

(Sources Le monde 03-06-2017)

 

 


Retour à Araiyakushi-Mae - Tsukune & Yakitori

Le train nous emmène directement de Ōme jusqu'à Shinjuku, heureusement sans autres changements.

Nous sommeillons pendant le trajet : l'effet onsen !

Ensuite il faut se réveiller, car nous devons changer pour Takadanobaba et de là, enfin, vers notre petite gare de Araiyakushi-Mae.

Le repas de "midi" est loin, le gâteau est digéré... et nous avons une petite faim.  

Ma fille nous emmène alors vers un tout petit bar de quartier, à côté de la gare (disparu depuis semble-t-il ?) où l'on sert de délicieux tsukune (boulettes de viandes ou poissons) et yakitori (petites brochettes grillées) pour vraiment pas cher !

Les serveurs sont jeunes et très sympas !

Et pour accompagner ces "petits" amuses-gueules, nous prenons chacune une chope de banana-sawa (¥380 soit environ 3€) et des edamame !

Belle fin de journée !

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